EEI Engins explosifs improvisés

Section 4

Centre de recherches d'informations et de documentations sur la vie dans le monde

 

 

 

 

Aspect, conditionnement, emballage, look

Un EEI ne doit pas retenir l'attention, il peut présenter la forme et l'aspect de n'importe quel objet de la vie courante, être de taille et de forme variables. Il est conçu pour être utilisé en milieu urbain et doit passer inaperçu, se fondre dans l’environnement ne pas retenir l'attention ni éveiller la curiosité du public.

Il peut être de toute sorte et de toute forme: sac à main attaché case, valise, petite ou grande, sac de voyage, thermo, panier à provision, caisse en carton, marmite à pression.

On peut imaginer n'importe quel conditionnement capable de tromper l'œil le plus averti, même des animaux vivants ont été transformés en EEI. (Chiens khamikazes)

Place Saint Lambert, sous I 'œil de centaines de témoins, Amrani transportait son dangereux arsenal dans un vulgaire sac de voyage.

Fabriquer un EEI est très facile et malheureusement à la portée de tout un chacun. Dans toute cuisine, droguerie, pharmacie, grande surface se trouvent tous les ingrédients nécessaires pour fabriquer un EEI.

Le but de la présente étant d'informer le public et non d’instruire les terroristes. J’éviterai de les énumérer.

Certains malfaisants sont particulièrement vicieux et pour éviter que leur EEI ne soit détecté, ils le fabriquent en bois, en verre, en plastique, en étoffe, en cuir, ils remplacent la mitraille par des billes en verre ou en céramique. Les contre-mesures sont très dangereuses à mettre en application et ce genre d'EEI est particulièrement difficile à trouver détecter et neutraliser.

Beaucoup d'anciens militaires des pays de l'est et des anciens officiers du KGR sont particulièrement doués pour fabriquer des EEI.

Habitués à vivre dangereusement et ayant pour la plupart déjà tué, ils n'ont aucun état d'âme. Certains organisent même très officiellement des séminaires où les stagiaires apprennent à fabriquer des EEI, à utiliser les AK47 et AK74, l'ensemble de toutes les armes à feu, étrangler avec un lacet, un fil frein dissimulé dans un Bic fait partie du cours.

Dans ces séminaires, il est non seulement question d’EEI mais aussi d'explosifs incendiaires, nucléaires, chimiques, bactériologiques. On parle alors d'engin explosif improvisé contaminé (EEIC en abrégé).

Ne pensez pas uniquement aux groupes terroristes islamistes ou autres. Il suffit de regarder vers le FLA qui pour défendre des animaux n'hésite pas à couler des bateaux, incendier des locaux, faire exploser des laboratoires. Une dérive et bonjour les victimes. (Engins piégés)

 

Mise à feu des E.E.I.

En général, l'énergie nécessaire pour activer les détonateurs et initier la charge explosive est fournie par une pile ou une batterie incorporée à l'engin. Un simple piège à souris peut se transformer en détonateur. Une pile, un simple circuit électrique et un réveil peuvent constituer un très bon appareil de mise à feu à retardement. Tout le monde connaît au moins de nom le cordeau Bickford qui est formé d'un enroulement en textile tressé, rempli de poudre et enduit de brai ou plastifié. Pour l'anecdote, il s'agit des mèches que les pirates utilisaient pour faire sauter les tonneaux de poudre noire. Il est encore très souvent utilisé de nos jours.

Certains détonateurs sont télécommandés, ils sont munis d'un récepteur sensible à certaines fréquences qui est actionné par un émetteur, GSM, télécommande.

Il existe également des détonateurs électroniques avec calculateur pouvant être programmé sur un temps très long. Dissimulé dans un bâtiment, une voiture, un bateau, il actionnera la charge le jour déterminé. Le calculateur peut être réglé sur un temps d'une seconde à plusieurs mois, voire année.

Reste un dernier groupe, les systèmes de mise à feu chimique. Ils sont pratiquement indétectables et toutes les traces disparaissent dans l'explosion ou l'incendie. Heureusement, ils sont peu connus des terroristes et des malfaisants en général.

 

Engins explosifs militaires, en abrégé E.E.M.

  • Les bombes sont en général des conteneurs métalliques remplis de produits explosifs destinés ~ détonner sous l'effet d'un choc ou d'un mécanisme minuté ou radio-télécommandé.

  • Les mines, de conception générale voisine des bombes, peuvent être terrestres ou maritimes.

 

  • Les .grenades, de taille réduite, offensives ou défensives. sont destinées à être lancées à la main ou au fusil. Tout qui est allé à l'armée se souvient des grenades à charge creuse (énerga) capables de détruire un char et elles se sont encore bien améliorées ces dernières années.

Certains groupes terroristes possèdent des grenades à fragmentation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Engins militaires autopropulsés, en abrégé E.M.A.P.

Ces engins regroupent les roquettes et tous les missiles à trajectoire fixe ou guidable par radiocommande ou guidage laser.

Ce groupe étant hors contexte, je n'en parlerai pas davantage.

 

Les mines antipersonnel statiques

Les mines sont constituées d'un pointeau, d'un allumeur d'un détonateur et de la charge.

Les Etablissements Roméo, situés en province de Liège, ont fabriqué des millions de mines antipersonnel qui ont été expédiées et utilisées dans le monde entier. (photo d'une mine)

Lors de l'opération Tempête du Désert, les Irakiens avaient établi sur les frontières du Koweït et une partie de l'Irak, des champs de mines fabriquées chez Roméo près de Liège.

Constituées d'un fil d'acier fragmenté en ± 3500 morceaux et enroulé, ces mines étaient très meurtrières (photo), Certaines étaient équipées d'une précharge qui les propulsait à ± 1 mètre de hauteur, s'ensuivait alors une seconde détonation avec un explosif dont la vitesse de décomposition pouvait atteindre plus de 8500 mètres seconde (détonation qui propulsait les 3500 fragments sur 360°).

Si la guerre du Golf ne dura qu'une centaine d'heures, le travail entrepris par les courageux démineurs se prolongea bien au-delà. Les champs de mines continuèrent à tuer et à être nettoyés très longtemps après l'arrêt des hostilités. Certains groupes terroristes pourraient être en possession de mines antipersonnel statiques.

 

Les mines de la dernière génération

Les mines fabriquées en 2013 sont à microprocesseurs intégrés. Ces engins utilisent un ordinateur intégré pour déterminer d'où viennent les chars ou troupes ennemies. Elles comportent des capteurs capables de faire la différence entre une voiture, un camion ou un char, elles sont capables de se déplacer et disposent de micros reliés à des calculateurs. Certaines sont équipées de caméra infrarouge capable de repérer des chars passant à proximité, les dénombrer et transmettre les données par fibre optique.

De cette manière, le champ de mines où ces armes ont été placées peut agir en fonction d'une véritable stratégie d'ensemble: il peut attendre qu'un nombre suffisamment élevé de blindés ou de troupes adverses ait pénétré dans sa zone d'action et faire exploser uniquement les mines situées sous les objectifs ciblés.

Les produits explosifs les plus.utilisés appelés aussi poudre du pauvre

 

  • La poudre noire, mélange de nitrate de potassium, de poudre et de charbon.

 

  • Le salpêtre et le souffre.

 

  • La poudre flash, à usage pyrotechnique est quant à elle composée de chlorate ou de perchlorate de potassium, de soufre, d'aluminium.

 

  • La poudre pyroxylée, nitrocellulose, additionnée d'agent modifiant la combustion (DNT, TNT) et de stabilisant (ethyl-centralite, diphénylamine, etc ... ). Elle est conditionnée sous diverses formes (bâtonnets, lamelles, etc ... ). Dérivée de l'invention du chimiste Alfred Nobel, inventeur de la dynamite et du prix Nobel.

 

  • A.N.F.O.: composé de nitrate d'ammonium et de fuel domestique.

 

  • N.M.A.N.: nitrate de monométhylamine.

 

  • M.E.AN.: monoéthanolamine.

 

Les pains de plastic

 

Les explosifs appelés vulgairement pains de plastic sont constitués par de la penthrite ou de l'hexogène et d'un plastifiant qui leur donnent cette consistance particulière permettant de les « façonner» à la main.

Certains explosifs sont mixtes car composés de deux explosifs (R.D.X. / P.E.TN.) l'hexolite (TN.T / R.D.X.) ou encore le pentolite (TN.T / P.E.TN.). Il existe également des explosifs de dernière génération infiniment plus dangereux que ceux décrits ci-avant.

Pour éviter de créer des vocations, je n'en dirai pas davantage sur ces explosifs qui sont en principe réservés aux militaires.

Quand ils sont utilisés à des fins terroristes, soit ils ont été dérobés dans un domaine militaire, ou alors un gouvernement ou une puissante organisation est à l'origine de l'acre malfaisant.

 

Recherche de l'engin explosif improvisé (E.E.I.)

 

Hormis les cas de découverte par le plus grand des hasards ou à la suite d'une dénonciation, cette découverte est conditionnée par la vigilance d'équipes spécialisées et/ou des systèmes de surveillance, notamment dans les lieux publics tels aéroports, gares... La police et les services spécialisés disposent d'appareils détecteurs, tels ceux de radiographie (les fils électriques, par exemple, sont visibles sur l'écran), soit les chiens spécialement entraînés à sentir l'odeur des explosifs (voir article: « Tu seras démineur mon chien »).

Des progrès ont été réalisés avec la mise au point d'appareils susceptibles de détecter les vapeurs de certains explosifs dans les locaux, les paquets ainsi que sur les mains des suspects. Cet appareil qui porte le nom d'analyseur de traces voyeurs (ou ATV) est sensible aux composants de la dynamite, du dinitrate d'éthylène glycol ainsi qu'à d'autres explosifs. Il est constitué de mini chromatographes en phase gazeuse, équipés de détecteurs à ionisation de flamme ou à capture d'électrons.

A ce jour, pour le fou qui abandonne sa valise contenant un EEI dans un lieu public. il n'existe pas de détection miracle et la patrouille chien entraîné et homme reste la meilleure parade.

Terrorisme et attentats ce que tout un chacun devrait connaître

Types de menaces et mesures à prendre

 

  1. Attentat avec engin explosif improvisé (E.E.I.) ou avec cngir explosif militaire (E.E.M.)

Dans le cadre de l'action terroriste, ce genre d'événement peut se présenter sous les aspects suivants:

Découverte suspecte d'objets: colis, valise, attaché-case, boîte en carton ou métallique (rappelez-vous le chapitre précédent un EEI est conçu pour être utilisé en milieu urbain, il doit passer inaperçu, se fondre dans l'environnement. ne pas retenir l'attention ni éveiller la curiosité).

 

  1. Mesures à prendre

 

  • En présence de découverte suspecte: mallette, caisse. valise (rappelez-vous, il peut revêtir toutes les formes et tous les aspects), n'y touchez pas. renseignez-vous autour de vous s'il ne s'agit pas d'un oubli, d'une négligence ou autre. Il faut être très attentif mais ne pas confondre méfiance avec psychose et panique. Attention, la panique est contagieuse.

 

  • Ne déplacez l'objet douteux sous aucun prétexte (contrairement à une idée bien ancrée, il ne doit en aucun cas être immergé). D'une voix ferme, demandez aux curieux de s'éloigner d'au moins 200 mètres et d'éviter d'utiliser leur portable.

 

  • Demandez à une personne de s'éloigner plus que les autres, d'au moins 250 mètres, et de prévenir le 101 en mettant l'opérateur au courant qu'un engin explosif a peut-être été découvert.

 

  • Si le colis suspect se trouve à l'intérieur d'un bâtiment les mêmes mesures qu'au précédent chapitre sont à prendre, avec en plus évacuation des locaux et faire interdire l'entrée à toute personne. Si possible, couper ou faire couper le gaz et l'électricité à proximité de l'endroit menacé.

 

  • •Ouvrez toutes les portes et fenêtres des locaux adjacents afin qu'en cas d'explosion le souffle puisse s'évacuer. Dans un magasin, petite ou grande surface, le patron ou le responsable de la sécurité déploiera les moyens de lutte contre l'incendie. S'il y a des ascenseurs ne pas couper l'électricité.

 

  • •A l'arrivée de l'autorité judiciaire sur place, la mettre rapidement au courant des mesures prises, soyez bref et précis chaque instant est précieux.

 

 

Attentat à la voiture piégée

 

Indications générales théoriques et pratiques - véhicules suspects

 

Si des présomptions d'attentat terroriste à l'aide de véhicule chargé d'engins explosifs existent, les indications suivantes sont de nature à renforcer ces présomptions :

 

  • Chargement intérieur suspect.

 

  • Présence de fils électriques à des endroits anormaux.

 

  • Bidons, jerricanes, bonbonnes de gaz dans l'habitacle du véhicule.

 

  • La voiture n'est pas connue dans le quartier et le propriétaire ne peut être identifié.

 

  • Prendre les mêmes mesures que pour les colis suspects, faire évacuer rapidement le périmètre sur ± 200 mètres.

 

  • Prévenir le 101, informer l'opérateur que vous êtes en présence d’une voiture suspecte peut être piégée, donner le lieu et le numéro de plaque. Cela permettra déjà aux forces de l'ordre de vérifier si la plaque est bien attribuée à ce véhicule et si le propriétaire est connu de la justice et si oui, pourquoi.

 

  • Le problème d'un véhicule piégé repose sur le fait que la pose d'un EEI ou d'un EEM peut se faire sans altérer l'aspect extérieur ou intérieur du véhicule.

 

  • Il est possible de dissimuler de quelques grammes à plusieurs centaines de kilos d'explosifs dans un véhicule.

 

Cas spéciaux à l'intention de cibles potentielles en fonction du but ou de la cible à atteindre, plusieurs cas de figures sont à envisager

 

  • Destruction du véhicule sans ses occupants, avertissement à 1 "intention de la cible.

 

  • La charge peut être fixée sous le véhicule: colle, attaches diverses, magnétique, etc ...

 

  • Destruction du véhicule avec son ou ses occupant(s), la charge, comme dans le cas de figure précédent, peut être fixée sous le véhicule, colle, attaches diverses, magnétique, sous le capot avant ou dans le coffre arrière, dans l'emplacement de la roue de secours, etc ...

 

  • Charge de proximité fixée sur le réservoir à carburant destinée à mettre le feu au réservoir et au véhicule.

 

  • Quelques vicieux ont déjà introduit des explosifs dans le pot d'échappement, derrière les enjoliveurs, petites charges fixées sur la colonne de direction, cylindre, récepteur de frein, etc ...

 

Pour les personnes qui vivent dangereusement, pour éviter toutes surprises, il peut être utile de poser quotidiennement des stickers sur les portes, coffre arrière et capot avant, enjoliveurs, porte du réservoir à carburant et vérifier le dessous du véhicule, la calandre avec si possible un miroir spécial véhicule (photos).

Il est préférable de perdre chaque jour 15 minutes que de perdre la vie.

 

Lettres et colis piégés

 

Caractéristiques habituelles

 

Il n y a pas qu'Obama qui reçoit du courrier suspect. Quand j'ai dénoncé le scandale Echo Bravo, j'ai reçu, les enquêteurs elles magistrats également des lettres bizarres contenant des menaces de mort et des munitions d'un modèle rare et très performant. Pourtant, je suis un simple quidam. Il y a quelques temps un honnête commerçant a perdu plusieurs doigts en ouvrant une lettre. Il ignorait qu'elle était piégée. La connaissance des lignes qui suivent lui aurait permis de sauver ses doigts.

 

Les envois suspects et dangereux présentent au moins une des caractéristiques reprises

ci-dessous

 

  • Lieu d'expédition inhabituel.

 

  • Ecriture de l'expéditeur paraissant modifiée, enfantine, fautes d'orthographe, étiquette d'ordinateur collée sur l'enveloppe, etc ...

 

  • Pas d'adresse et de nom d'expéditeur.

 

  • Poids exagéré par rapport à la dimension de l'enveloppe.

 

  • Localisation par toucher (sans ouvrir) du contenu qui a des formes inhabituelles.

 

  • Carton épais et dur.

 

  • Emergence de fils (même les engins et les envois emballés avec le plus grand soin peuvent être endommagés en cours d'expédition).

 

  • Enveloppe poreuse, odeur d'amande ou de massepain.

 

  • Tache de graisse sur l'emballage ou l'enveloppe provoquée par l'exsudation de l'explosif.

 

  • Pour les envois par avion, poids plus important que celui habituellement rencontré pour ce mode de transmission.

 

  • A l'ouverture de l'enveloppe, découverte d'une seconde enveloppe adressée à une personne déterminée. La seconde enveloppe intérieure fermée par un papier collant ou une ficelle est a priori très suspecte.

 

Ces envois peuvent contenir :

 

  • Un explosif ou une matière incendiaire.

 

  • Un poison ou un acide.

 

  • Un gaz nocif.

 

 

Vous recevez une lettre suspecte, mesures à prendre

 

«Remarques préliminaires»

 

En principe, ces lettres et colis ne présentent un danger que s'ils sont ouverts par le destinataire puisqu'ils ont déjà subi impunément les nombreuses manipulations des services postaux.

Si le colis ou la lettre suspect est livré par porteur, le danger que celui-ci ait enclenché un dispositif (à retardement) de mise à feu au moment de la remise est plus grand.

Si des indices ont permis de déceler un envoi suspect, il faut en toute première priorité transporter celui-ci sans choc et sans l'ouvrir dans un endroit isolé, ensuite prévenir rapidement le 101 en informant l'opérateur qu'il est possible qu'un envoi piégé vous a été livré et que les précautions d'usage ont été prises en attendant l'arrivée des autorités judiciaires. Soyez bref et précis dans vos explications, chaque seconde compte.

 

Alerte à la bombe grande et petite surfaces, écoles, etc

 

Généralité

 

Dans la plupart des cas, ce genre d'alerte relève de la plaisanterie de mauvais goût.

Cependant, il reste possible que cette alerte soit un attentat bien réel. Se souvenir des CCC. Il y a donc lieu de traiter chaque cas avec rapidité et sérieux.

 

Mesures à prendre lors de l'annonce de la menace

 

  • Avertir immédiatement le 101 de la menace.

 

  • Prendre les mesures pour que toutes les personnes quittent l'établissement en bon ordre et s'éloignent de plus de 250 mètres. Interdire toute utilisation des portables, éviter l'utilisation des ascenseurs. Si possible, couper le gaz et l'électricité. Si le magasin, l'école concernée a un service de sécurité, il peut, en s'entourant des précautions d'usage, commencer la fouille des bâtiments à la recherche éventuelle d'un objet insolite ou suspect. En cas de découverte ne pas toucher. ne déplacer l'objet sous aucun prétexte, sortir rapidement et attendre l'arrivée des autorités pour leur communiquer votre découverte.

 

Neutralisation de E.E.I. ou de E.E.M. découvert intact

 

Pour neutraliser un engin explosif, les démineurs porteront une attention toute particulière au détonateur, certains sont très complexes et demandent une haute dextérité. Les choses se passent rarement comme au cinéma où l'opéra/ion de désamorçage consiste à couper les fils d'alimentation électrique. Chaque EEI est différent et même si l'examen au rayon X permet généralement de repérer le mécanisme de mise à feu et de l'étudier dans les moindres détails, le désamorçage est toujours une intervention très périlleuse lorsqu'elle s'effectue à mains nues; c'est pourquoi les artificiers utilisent des robots entièrement automatisés et radioguidés afin de démanteler l'EEI ou l'EEM à distance.

Une fois le détonateur ou le système de mise à feu neutralisé, il est alors possible de désassembler l'engin et d'en extraire la charge explosive.

L'analyse du détonateur, du système de mise à feu ainsi que de la charge subiront de nombreuses analyses très approfondies qui révéleront son poids, sa composition chimique, son origine (sa famille d'explosif).

Une fois tous ces paramètres bien déterminés, les caractéristiques essentielles de l'EEI ou de l'EEM peuvent alors être comparées à celles relevées dans d'autres affaires semblables et permettent ainsi certains rapprochements et regroupements.

 

Examen du site après l'explosion d'un E.E.1. ou d'un E.E.M.

 

Contrairement à l'explosion naturelle où les dégâts sont diffus, dans l'explosion criminelle, les effets sont concentrés où les ondes thermiques et de chocs sont les plus importantes, un cratère est presque toujours présent à l'emplacement où l'EEI ou l'EEM a été placé sur le sol.

Le centre de l'explosion constitue le point de départ pour les enquêteurs qui s'intéressent à tous les résidus et éléments projetés au loin, quelle que soit la famille des explosifs utilisés il en subsiste toujours de minuscules fragments dans les décombres.

Il en va de même pour le système d'allumage et/ou du détonateur, ainsi que pour les objets utilisés pour fabriquer le colis piégé : bouts de métal, étuis en carton ou en papier, matières en plastique, morceaux de verre, etc ... Malgré la puissance de la détonation, ces objets ne sont jamais totalement pulvérisés et sont souvent retrouvés dans un état tel qu'ils sont facilement identifiables.

Les précieuses indications ou inscriptions qu'ils portent éventuellement feront l'objet d'examens très approfondis et très révélateurs.

Tous ces prélèvements sont soigneusement examinés, répertoriés et placés dans des récipients spéciaux, hermétiquement bouchés, permettant de sauvegarder les vapeurs de l'explosif et d'éviter leur contamination ou leur éventuelle accidentelle destruction.

En théorie, il existe des lois internationales qui obligent les fabricants industriels d'explosifs à les marquer et y intégrer un traceur de façon à en faciliter l'identification et faire ainsi plus rapidement progresser les enquêtes.

 

Après l'explosion, reconstitution de l'E.E.I. ou de l'E.E.M.

A partir des différentes données techniques fournies par l'examen des restes: emballages, étuis, carton, papiers, plastiques, bouts de métal, morceaux de détonateurs et autres, les spécialistes reconstruiront l'EEI ou l'EEM.

En présence d'un EEM (grenades ou mines par exemple), l'étude des divers fragments du détonateur et/ou du système d'activation permet facilement et rapidement d'identifier le modèle et le pays de fabrication de ces engins.

Pour les EEI, l'observation porte sur les divers fragments du système de mise à feu, des fils électriques, minuteries, télécommandes, mèches, produits chimiques, une enquête auprès de certains fournisseurs peut orienter les investigations vers des suspects ou groupes terroristes connus. Il arrive que pour brouiller les pistes des malfaisants utilisent volontairement les méthodes utilisées par d'autres groupes terroristes.

Ce ne sont pas toujours des groupes terroristes qui utilisent les EEI ou les EEM ... les services spéciaux de nombreux pays y ont recours et pas toujours pour des causes justes.

Pour ne citer qu’un exemple, en 1985, une équipe de la DGSE française, dirigée par le commandant Mike posait une EEM sous le Rainbow Warrior, le bateau de Greenpeace, amarré dans le port d’Auckland en Nouvelle-Zélande.

Un des saboteurs, le lieutenant Gérard Romée est le fils d’un haut gradé de l’armée française et le frère d’une grande dame de la politique française, Madame S. Roméo. Cette branquignolesque opération, qui a couté des milliards de francs français aux contribuables, avait été commanditée par des irresponsables politiciens qui n’avaient aucune expérience du terrain dans ce difficile domaine.

 

www.objectifsecurite.be Email : objectif_securite@hotmail.com

Copyright 2013 © All Rights Reserved