Marathon de Boston

Section 4

Centre de recherches d'informations et de documentations sur la vie dans le monde

 

Engin explosif improvise

Un dossier de Léon ROUFOSSE

Marathon de Boston - Les faits

Le lundi 15 avril 2013, à Boston dans le Massachusetts aux Etats-Unis, lors de la 117ème édition du marathon de la ville, deux individus, porteurs chacun d'un engin explosif improvisé, se mêlent à la foule. Ils déposent leurs colis piégés sur le sol et s'éloignent. S'ensuit une explosion suivie d'une seconde.

Les E.E.I ont explosé à 13 secondes d'intervalle tuant plusieurs personnes et blessant des dizaines d'autres.

Très vite, il apparaît que les auteurs sont des amateurs, ils n'ont pris aucune précaution pour se soustraire aux caméras, n'ont pas modifié leur apparence physique, n'ont prévu aucun plan de fuite ou de planque sécurisée. Toutes ces maladresses conduiront à la rapide identification des frères Djokhar et Tamerlan Tsamaïev. Trois jours après L'attentat, Tamerlan est tué par les forces de l'ordre après une course poursuite et une fusillade tandis que son jeune frère réussit à s'échapper avant d'être capturé 24 heures plus tard. Sérieusement blessé au cours de son interpellation, il est transféré à l’hôpital où son inculpation formelle est prononcée. Ils auraient agi pour des motifs encore mal définis: frustration, vengeance, idéologie, etc ...

Tous les médias de la planète ayant longuement commenté l'événement, il ne me paraît pas utile d'en faire une plus longue rétrospective, je m’attacherai plutôt à attirer l'attention sur ce qu'est un engin explosif improvisé et faire découvrir à tout un chacun ce qu'il est utile d'en connaître pour diminuer les risques d'en être victime.

 

Les terroristes sont parmi nous

C'est ainsi quelques explications pour comprendre

Sur l'ensemble du territoire européen, y compris en Belgique, de nombreux réseaux terroristes sont en activité ou simplement en veilleuse.

On saisit régulièrement sur notre territoire des armes el des explosifs el on ne nous dit pas tout.

Sans entrer dans de fastidieuses explications sur les gouvernements ou le terroriste ou l'activiste agissant en solo, il est utile pour comprendre de faire un parallèle entre cette dynamique et une partie d'échec. Comme dans une partie d'échec, le jeu de chacun des adversaires est composé des spécificités particulières adaptées à des missions et actions précises. Parfois, c'est la position d'un simple pion qui donne à une situation toute sa dimension, son action combinée à celle des autres pièces du jeu constitue une synergie efficace, tendue vers la destruction d'une cible ou l'arrestation des auteurs avant qu'ils ne passent à l'acte.

Chaque activiste, terroriste travaillant en solo ou en groupe est un pion qui est susceptible d'être activé ou désactivé en fonction de besoins particuliers.

Des hommes et des femmes attendent dissimulés dans la multitude qu'un signal leur parvienne pour agir sur un ordre donné sous une forme banale. Parfois un simple appel téléphonique « Frère, elle est toute blanche, allume la ». Alors celui que tous ses voisins prennent pour Un électricien, un ingénieur, un maçon, peu importe sa profession, celui-là même que vous croisez chaque jour en partant conduire vos enfants à l'école, saura ce qu'il doit faire. Il se dirigera vers son garage ou chez une personne sachant qu'elle a un objet E.E.I. ou E.E.M. à lui remettre. Et en souriant comme d'habitude, il va se diriger vers un lieu, une cible qu'il est seul à connaître, probablement un site où une foule nombreuse est réunie. Négligemment, il va s'assoir sur un banc en-dessous duquel il va déposer sa mallette. Après quelques minutes, il consulte distraitement sa montre, se lève, s'éloigne de quelques centaines de mètres, sort son GSM, compose un numéro en articulant «pour Allah, pour la droite, pour la gauche », peu importe. S'en suit un immense boum. Quant au groupe ou à l'activiste solo, il ne risque pas grand-chose. S'il est professionnel et bien entraîné, il a repéré les caméras, il s'est probablement rendu méconnaissable en modifiant son apparence physique. Si en plus il est vicieux, les composants de son E.E.I. ou de son E.E.M. conduiront les enquêteurs sur une fausse piste. Il reprendra son aspect de brave homme et rentrera en souriant tranquillement chez lui. S'il fait partie d'une structure organisée et s'il y a un risque qu'il soit identifié, il sera exfiltré par ses frères ou ses complices. Plus tard, par les médias, radio, télévision, presse écrite ou autre, vous apprendrez qu'une bombe (comme disent les journalistes) a explosé tuant et blessant grièvement un grand nombre de victimes innocentes dont le seul tort est d'avoir été au mauvais moment au mauvais endroit. Les premières images montreront des personnes, femmes, hommes, enfants baignant dans leur sang, des amputés, les vêtements arrachés par le souffle de l'explosion, marcher sans but, les yeux hagards. Les médias dans la foulée parleront de massacre prévisible et accuseront probablement les forces de l'ordre et les services de renseignements de n'avoir pas été assez vigilants. Des spécialistes antiterroristes ou contre-terroristes, souvent des civils qui n'ont jamais vu un vrai E.E.I. ou E.E.M. de près, donneront de nombreuses interviews dans lesquelles ils décriront le modus operandi des groupes et des activistes ou terroristes travaillant en solo, qu'ils appelleront « loup solitaire », Ils s'épancheront également sur la signature de l'engin explosif improvisé en affirmant haut et fort qu'il porte la signature de l'un ou de l'autre groupe connu ou encore de l'extrême droite ou gauche.

Réécrire l’histoire après que l'événement malheureux se soit produit est toujours très facile.

En Belgique et un peu partout dans le monde, un grand nombre d'attentats est chaque année déjoué. En Belgique, des armes et des grandes quantités d'explosifs sont régulièrement saisies, parfois chez d'honnêtes commerçants. Souvenez-vous de la partie d'échec décrite ci-avant, un simple pion déplacé permet l'arrestation des auteurs présumés avant qu'ils ne passent à l'acte, hélas ce n'est pas toujours possible et alors c'est le drame. Dans un grand nombre de cas, personne n'est capable de prévoir à l'avance que le(s) sympathique(s) ouvrier(s) qui dit (disent) toujours si bien bonjour, qui habite(nt) parfois le quartier depuis des années va (vont) le jour J, à l'heure H, sortir de chez lui (eux), en souriant et en plaisantant comme d'habitude, se dirigera (dirigeront) tranquillement vers un lieu X qu'il est (qu'ils sont) seules) à connaître pour, sans aucun état d'âme, commettre un attentat monstrueux.

Les forces de l'ordre commettent parfois des erreurs mais ils ont à cœur de protéger le citoyen.

Beaucoup disposent d'une solide formation et j'en connais plus d'un qui complètent à ses frais sa formation. Mais il faut bien être conscient que les terroristes de tout bord sont bien plus nombreux que l'on imagine et qu'il est rarement possible de prévoir quand et où ils frapperont. Bien peu de personnes pensent pouvoir être un jour ou l'autre confrontées au terrorisme.

Amrani était connu et apprécié des caissières du Delhaize place Saint Lambert. Beaucoup de personnes le décrivaient comme un homme intelligent et aimable. Personne n'était capable d'imaginer quel massacre il allait commettre.

Il y a des périls contre lesquels les forces de l'ordre traditionnelles éprouvent de grandes difficultés à lutter, face auxquels nul n'est à l'abri et qui font courir les plus grands risques aux populations.

Borsellino et Falcone : les explosifs avaient transité par Liège.

 

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